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PARVENIR A LIRE...:

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PARVENIR A LIRE...:

Message par Invité le Dim 3 Nov - 17:58

PARVENIR A LIRE...

qui parmi nous connait vraiment la complexité des mécanismes cérébraux mais aussi visuels nécessaires à l'acquisition d'une lecture fluente ? Les comprendre me semble essentiel pour bien accompagner des enfants atteints de troubles divers : en les comprenant , on peut les valoriser, les soutenir dans ce parcours où ils se sentent "nuls". On ne demande pas à l'enseignant d'être orthophoniste, non ! Mais d'être un accompagnateur bienveillant et attentif de ces enfants pour qui "les mots" sont si difficiles à décrypter...Je vous livre un extrait du récit témoignage d'un enfant, d'un parent qui peut vous sensibiliser à "la difficulté de lire". Il y est parvenu grâce à ses professeurs !
" (…)
« Je veux pouvoir faire comme les autres à l’école, surtout lire ! » Son premier grand souhait, il l’avait exprimé haut et clair devant le professeur. Lire d’abord. Ensuite écrire. Et simplement courir.
Sa première école était une petite structure privée. Rémy la décrirait ainsi « C’est l’école des bogues du marronnier. ». La bâtisse ancienne donnait sur une courette ombragée par un immense marronnier. Des marrons, Rémy en a ramassé à foison, à en craquer les coutures de ses poches. Il les ramenait à sa petite sœur et aux chats, les marrons-balles roulaient dans la maison !
Lire… À l’âge de six ans, notre garçon a vraiment cru qu’il y parvenait. Chaque soir, avant l’heure du coucher, j’accordais aux enfants un moment de lecture. Claire, âgée d’à peine trois ans, avait droit aux livrets illustrés. Elle adorait qu’on lui raconte pour un temps la même histoire. Je lisais, suivant du doigt les courtes lignes du texte placé sous les illustrations. Parfois, Rémy prenait le relais, il poursuivait la lecture à sa sœur. Il hésitait rarement.Vint cette soirée que je n’oublierai pas. J’avais commencé le récit d’un nouveau livre quand Claire a demandé à son frère de me relayer. Heureux d’être sollicité, il s’est concentré sur le texte, une phrase à sa portée. Sur son visage, j’ai découvert une expression qui hésitait entre la perplexité et la contrariété. Il a fini par hausser les épaules :
- Je ne peux pas lire ce livre. Je ne le connais pas !
Une douche glacée ne m’aurait pas plus saisie. Rémy a perçu mon trouble. Il a grimacé, ses yeux étonnés rivés dans les miens. Incapable de lui mentir, j’ai murmuré :
- Quand on sait lire, Rémy, on peut lire tous les livres. Même ceux qu’on ne connaît pas.
À cette époque déjà, notre fils voulait garder une attitude stoïque. Il a répété, voix éteinte :
- Quand on sait lire, on sait lire tous les livres… Alors, je ne sais pas lire.
Son désarroi faisait mal à voir. Claire, en témoin innocent d’un drame qu’elle ne pouvait saisir, a réclamé la suite de son histoire. Ce que j’ai fait. Il n’y avait rien d’autre à faire. À part serrer les enfants dans mes bras.
Plus tard, je suis venue m’asseoir auprès de Rémy. Nous avons peu parlé. En remontant les draps jusqu’à son nez, j’ai lu tant de détresse dans sa frimousse navrée que je lui ai confié ma certitude. Un jour, il saurait lire. C’était une question de patience et de volonté. Je pense qu’il m’a crue. Il mettrait des années à y parvenir. Sa volonté serait sans faille. Pour lui, lire c’était vivre.

La lecture… Si l’on demande à quelqu’un ce que signifie « lire », il vous répondra « c’est reconnaître les mots », ou encore « c’est associer les syllabes » et parfois « c’est déchiffrer des signes ». Un autre vous dira « Lire ? C’est apprendre ». Des réponses spontanées, simples ou subtiles. Très peu comprennent ce qu’implique la lecture, cette capacité réservée à l’être humain, toutes les étapes que notre cerveau met en œuvre en décryptant un texte. Nombreuses et complexes. Chacune indispensable. L’une d’elle est-elle défaillante ? La lecture devient une épreuve, parfois insurmontable.
Lire, c’est d’abord repérer des bâtonnets, des cercles et des boucles. Des signes abstraits, orientés dans l’espace. Un bâtonnet placé à droite, à gauche, en haut, en bas d’un cercle, « l » et « o» associés, « q…p…b…d… » L’orientation du petit bâton a tout changé ! On obtient une lettre, un son différent. Repérage spatial, décodage, prononciation, association, signification. Que d’étapes à franchir ! Complexes. Et j’en oublie volontairement.
À elle seule, l’atteinte oculaire de Rémy lui fermait la première étape, celle de la reconnaissance des symboles que sont les lettres de l’alphabet. Lorsque nous lisons, le nombre de mouvements réalisés par nos yeux est inoui ! La lecture, c’est une succession de déplacements fins, par saccades. Alternés avec une succession de pauses fixant l’image. En quelques millisecondes, nos yeux coordonnent le travail de quantité de muscles. On centre, on accommode, on converge, on balaye avant d’interpréter les signes. Des réglages nécessaires dans l’espace…Sans eux, le bâtonnet, le cercle et les boucles associés restent illisibles. Mêlés, entremêlés.
Rémy… Son intelligence ne pouvait rien contre ses atteintes. Il avait besoin de techniques qui lui permettraient de compenser.
(…)
Extrait du Chapitre « LIRE, C’EST VIVRE » - p 81à 84
( UNE HISTOIRE A TENIR DEBOUT de Régine Salvat-Edts Jean-Claude Lattès)

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